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No Second Chances: What to Do After a Botched Execution

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Ohio tried and failed to execute Alva Campbell. The state shouldn't get a second chance.
The pathos and problems of America's death penalty were vividly on display yesterday when Ohio tried and failed to execute Alva Campbell. Immediately after its failure Gov. John Kasich set June 5, 2019, as a new execution date.
This plan for a second execution reveals a glaring inadequacy in the legal standards governing botched executions in the United States.
Campbell was tried and sentenced to die for murdering 18-year-old Charles Dials during a carjacking in 1997. After Campbell exhausted his legal appeals, he was denied clemency by the state parole board and the governor.
By the time the state got around to executing Campbell, he was far from the dangerous criminal of 20 years ago. As is the case with many of America's death-row inmates, the passage of time had inflicted its own punishments.
The inmate Ohio strapped onto the gurney was a 69-year-old man afflicted with serious ailm…

Jurée au procès Ranucci, j'ai participé malgré moi à l'assassinat légal d'un homme

Christian Ranucci a été guillotiné le 28 juillet 1976 dans l'enceinte
de la prison des Baumettes, à Marseille.
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Geneviève Donadini a fait partie du jury populaire dans le procès de Christian Ranucci*, accusé du meurtre de la petite Marie-Dolorès Rambla, 8 ans. Le jeune homme de 22 ans a été condamné et exécuté sous le couperet de la guillotine le 28 juillet 1976. Le cas restera célèbre et rebaptisé "affaire du pull-over rouge". Geneviève Doradini raconte, sans révéler son vote (elle n'en a pas le droit), comment elle a vécu, désemparée, son rôle de jurée avec une issue aussi terrible.

Je n’ai pas le droit de dire si j’ai glissé un bulletin "oui" ou "non" dans l’urne, mais j’ai participé à un vote dont l’issue a été la décapitation d’un homme.

Il avait 22 ans. Il s’appelait Christian Ranucci. Certes, son procès n’aura duré que deux jours – inimaginable aujourd’hui – et les délibérations trois malheureuses heures. Mais le couperet qui s’est abattu sur sa nuque le 28 juillet 1976 à 4h13, dans la prison des Baumettes, n’a pas effacé son nom de l’histoire judiciaire. Bien au contraire. L’affaire du "pull-over rouge", n’en finirait pas d’alimenter livres, articles, pièces de théâtre et même des chansons, sans compter un film que j’ai refusé d’aller voir. Cette "pièce à conviction" tissée de laine n’étant pas le linceul, mais l’étendard du combat contre la peine de mort.

Cinq ans et deux exécutions après celle de Ranucci, la peine capitale était abolie en France.Trop tard pour moi, car me restent de terribles souvenirs et le traumatisme d’avoir dû accepter d’être de ceux qui l’ont envoyé à l’échafaud.

À l’époque, qui doutait de la culpabilité de ce garçon ? Il y avait d’abord l’horreur. Celle de l’enlèvement le 3 juin 1974, cité Saint-Agnès, Marseille, d'une fillette de huit ans : Marie-Dolorès Rambla. Son petit corps avait été retrouvé deux jours plus tard par les gendarmes sous des genêts aux fleurs jaunes que l’on appelle ici des "argelàs".

Le crâne de l’enfant avait été défoncé à coups de pierre et on l’avait lardée de coups de couteau. À un an près, Marie-Dolorès avait le même âge que l’une de mes filles. Et elles se ressemblaient tant…

Pour personne le doute n’était permis


Et puis, il y avait eu les aveux de Christian Ranucci, retrouvé par les enquêteurs après un accident de voiture. Il s’était rétracté ensuite. Mais il y avait trop de choses contre lui, et plus encore à l’ouverture de son procès, alors qu’une autre atrocité faisait la une des faits-divers : l’assassinat du petit Philippe Bertrand par un certain Patrick Henry. À cette époque, Roger Gicquel, présentateur de la grand’messe du journal télévisé, avait lancé, sombre : "La France a peur."

C’est dans ce contexte d’une opinion publique pesante que j’ai dû me frayer un chemin, avec l’aide d’un policier, pour accéder à la salle d’audience du tribunal d’Aix-en-Provence, fendant une foule qui scandait des "À mort Ranucci !".

Pour tout le monde, il était coupable. Pour personne le doute n’était permis.

"Vous serez sans doute récusée."


Aujourd’hui, je ne sais pas. Tant d’ouvrages ont mis en évidence des zones d’ombre. On ne peut juger que ce que l’on vous donne et nous n’avions même pas accès au dossier d’instruction.

Bref, une plongée dans la furie publique et médiatique que j’étais loin d’imaginer un mois plus tôt. À savoir, lorsque mon nom avait été tiré au sort pour participer à cette session d’assises où j’ai d’ailleurs siégé pour deux autres affaires.

À l’époque, un gendarme m’avait signalé que, parmi les cas examinés, il y aurait celui de Christian Ranucci. Mais il avait ajouté :

"Ne vous inquiétez pas, Madame. Vous n’avez que 35 ans, vous êtes maman d'une petite fille : vous serez sans doute récusée".

Je ne l’ai pas été.

J’étais la seule femme et la plus jeune des neuf membres du jury requis par la loi d’alors.


Au procès, Ranucci portait une croix autour du cou


Un procès où, d’emblée, l’accusé a fait mauvais effet en arborant une croix autour du cou sur les conseils très mal avisés de sa mère. Et comme si l’offense faite à ces accusateurs par ce symbole religieux pendant sur son sous-pull ne suffisait pas, Christian Ranucci s’est montré arrogant et vindicatif. Ce symbole religieux a résonné en moi. Bien que communiste et élue sous cette étiquette, j’ai eu une éducation catholique. Ces convictions sont d’ailleurs loin d’être antinomiques. Mieux, elles sont scellées par la même philosophie humaniste.

Je n’ai croisé le regard de Christian Ranucci que deux fois… Pour m’en souvenir, je n’ai pas besoin du carnet que je remplissais de notes. Je l’ai détruit peu après le verdict. Le président nous l’avait d’ailleurs fermement conseillé, afin que les secrets des délibérations ne tombent pas sous des yeux indiscrets.

Par cet autodafé, je voulais aussi réduire en cendres cette relique. Je n’en avais pas besoin, tant ces deux jours, l’annonce de l’exécution et les réminiscences qui suivraient allaient brûler douloureusement en ma mémoire.

Me restent des coupures de presse, mais ce que j’ai vécu est assez fort pour m’avoir permis d’écrire un livre qui vient de paraître. Façon de libérer les pensées contradictoires d’un juré et d’en livrer l’analyse à ceux qui me suivront dans cette mission, même si aujourd’hui son issue ne peut être aussi fatale.


Le sang d’une enfant de 8 ans


Il faut avoir eu entre les mains ces photos traumatisantes de la petite fille sans vie, ce couteau, arme du crime emballée dans un sac plastique. Et cette petite chaussure maculée de taches brunes. Le sang d’une enfant de 8 ans.

Chaque juré a dû toucher ces choses, les examiner.

Il y a quarante ans, nous n’étions que très peu soumis à ce genre de visions macabres à la télévision ou dans les journaux qui ne les auraient sans doute pas diffusées. Était-ce vraiment utile de faire appel à l’émotion au détriment de la réflexion ? L’affect devait-il prendre le pas sur l’intellect ? De l'émotion, de l’affect et de la rage, il y en avait assez dans la mort de Marie-Dolorès. Il y en avait trop autour du tribunal où l’on entendait la clameur des "à mort !" en tentant de mettre un sens sur ce qu’ils appellent "l'intime conviction".

Ce sur quoi on nous demande d’arbitrer.

Ne pleure pas, tu n'y es pour rien


Cette notion n’a guère de sens. Surtout lorsqu’elle change, en vous, toutes les cinq minutes. Et en quoi quelque chose de rivé dans notre fors intérieur peut-il changer, même à la lumière d’une audience ? Qui plus est lorsque défilent des "experts" au langage compliqué, péremptoires, parfois contradictoires entre eux. Tout dépend de votre éducation, de votre environnement et de votre vécu.

C'est passé si vite… Hormis ces petits moments de solitude dont j’avais besoin pour réfléchir au lieu d’aller déjeuner ou discuter avec les autres jurés. "Capable ou pas d’assumer telle responsabilité ?", bien sûr que je me suis posée la question parce que tout se bousculait, le défilé des témoins était tellement intense...

Je me disais que je n'étais pas formée pour tout ça. Pas apte à juger quelqu’un en faisant abstraction de cette atmosphère survoltée, des pressions médiatiques et sociales. Sans parler de mes émotions.

Après une première journée, je me retrouvais dans ma 2 CV. Ah, je la regrette cette petite voiture. Dérisoire, hein ? Puis, après une longue route, la maison, les enfants. Restent ancrés en moi les mots de mon mari qui, me voyant arriver après mes kilomètres à verser des larmes derrière mon volant : "Ne pleure pas, tu n’y es pour rien."

Est venue la fin du procès.

L’air libre de quelques congés après ces heures de confusion et un vote où – je tiens à le noter – le président ne nous a donné aucune consigne, n’a pas cherché à nous influencer. Mais le contexte de la cérémonie judiciaire et la vindicte populaire avaient suffi pour cela.

Ils l'ont tué !


Puis un jour, la radio crache ces mots :

"Ce matin, à l’aube, Christian Ranucci, condamné à la peine capitale, a été exécuté."

Mon cri :

"Ils l’ont tué, ils l’ont tué !"

La justice m’a appelée, poussée à participer à ce jugement qui s’est soldé par la décapitation d’un jeune homme qui n’a ni fait reculer la criminalité, ni résolu le mystère de la mort de Marie-Dolorès, me laissant le sentiment que j’avais, quel qu’ait été mon vote, laissé tomber la lame sur son cou.

Dans une moindre mesure, moi aussi, me voilà coupée en deux. Car je suis emmurée dans une obligation au secret après avoir participé à ce macabre scrutin. Chaque affaire de meurtre d’enfant ravive cette douleur. Pour la petite Marie-Dolorès et pour celui qui a été jugé comme étant son meurtrier.


* L’affaire Christian Ranucci est le procès médiatisé de Christian Ranucci — né le 6 avril 1954 à Avignon et mort le 28 juillet 1976 (à 22 ans) à Marseille — qui s'est conclu par la condamnation à mort et l'exécution par décapitation aux Baumettes pour l'enlèvement et le meurtre, le 3 juin 1974, d'une fillette de huit ans, Marie-Dolorès Rambla. Il est le premier condamné à mort guillotiné sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing et l'antépénultième en France. En 1978, un livre, intitulé Le Pull-over rouge, est publié sur l'affaire par l'écrivain et journaliste Gilles Perrault, faisant émerger une polémique concernant sa culpabilité. Plusieurs ouvrages reprennent par la suite la thèse de l'innocence de Ranucci et de l'erreur judiciaire, tandis que d'autres ouvrages et articles cherchent au contraire à démontrer sa culpabilité, en s'appuyant notamment sur les éléments matériels rassemblés contre lui. Paul Lombard, l'un des avocats de Ranucci à l'époque, soutient la thèse de son innocence. Bien que convaincu de l'innocence de Ranucci lui aussi, André Fraticelli avait, lors du procès, voulu plaider la culpabilité avec circonstances atténuantes car plaider l'innocence lui semblait trop risqué (se trouvant en contradiction avec ses confrères, il n'avait donc pas plaidé) ; Jean-François Le Forsonney a quant à lui été la figure de proue du mouvement pour la réhabilitation posthume de Ranucci et le pensait également innocent. Un comité de soutien est fondé en 1979 afin d'obtenir la révision du procès Ranucci. Trois demandes ont été déposées dans ce sens, mais ont fait l'objet de rejets successifs (en 1979, 1987 et 1991). (Wikipédia)

Source: L'Obs, Geneviève Donadini (Jurée), propos recueilis par Jean-Frédéric Tronche, 27 mars 2017

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