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The fire moved quickly through the house, a one-story wood-frame structure in a working-class neighborhood of Corsicana, in northeast Texas. Flames spread along the walls, bursting through doorways, blistering paint and tiles and furniture. Smoke pressed against the ceiling, then banked downward, seeping into each room and through crevices in the windows, staining the morning sky.
Buffie Barbee, who was eleven years old and lived two houses down, was playing in her back yard when she smelled the smoke. She ran inside and told her mother, Diane, and they hurried up the street; that’s when they saw the smoldering house and Cameron Todd Willingham standing on the front porch, wearing only a pair of jeans, his chest blackened with soot, his hair and eyelids singed. He was screaming, “My babies are burning up!” His children—Karmon and Kameron, who were one-year-old twin girls, and two-year-old Amber—were trapped inside.
Willingham told the Barbees to call the Fire Department, and while Dia…

France : Le combat de Gérard Fesch, le fils du guillotiné

Prison de la Santé, Paris, 25 mai 1946
Prison de la Santé, Paris, 25 mai 1946
Gérard Fesch lutte pour réhabiliter son père Jacques, condamné à la peine capitale en 1957 pour le meurtre d'un policier.

Dans la cour de la prison de la Santé encore plongée dans l'obscurité, un frêle jeune homme blond se présente devant l'échafaud. Il est 5 h 29, ce 1er octobre 1957 : Jacques Fesch, 27 ans, condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un policier, est guillotiné.

Soixante ans plus tard, son fils Gérard vient d'entamer une procédure pour obtenir sa « réhabilitation judiciaire », c'est-à-dire l'effacement de la peine au casier judiciaire. « C'est une forme de pardon symbolique de la société », résume-t-il, et une démarche inédite pour un condamné à mort. L'épilogue, aussi, d'une longue quête identitaire sur les traces d'un père que Gérard, confié dès la naissance à l'Assistance publique, a mis quarante ans à retrouver.

« Tiens, tu devrais lire ça », lance un jour une amie à Gérard, en lui confiant une coupure de presse. L'article, paru en 1994 dans le magazine « l'Express » sous le titre « De l'échafaud à la grâce », évoque l'étonnante destinée de Jacques Fesch, « dandy malfrat ».

Chaque semaine, il reçoit une lettre évoquant son père


Jacques Fesch
Jacques Fesch
Le 25 février 1954, ce fils de bonne famille à la dérive, qui s'est mis en tête de se payer un voilier pour voyager dans les îles, braque un changeur, rue Vivienne à Paris. 

Le hold-up est un fiasco, et dans sa fuite, il tue un gardien de la paix. Il est condamné à la guillotine, en dépit de ses excuses publiques et d'une spectaculaire rédemption. 

Pendant sa détention, Jacques Fesch a en effet trouvé la foi, une conversion qu'il a couchée sur papier, noircissant des centaines de pages. 

Ses écrits, publiés à titre posthume et vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires, auront un tel impact qu'en 1987 le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, ouvre une procédure en béatification, toujours en cours.

A la lecture de l'article, Gérard, qui n'avait jusque-là jamais réussi à percer le mystère de ses origines, est aimanté par une petite phrase : les auteurs y précisent qu'avant son incarcération, Jacques Fesch, marié et père d'une fillette, a aussi eu un fils, prénommé Gérard, né d'une relation adultérine avec une certaine Thérèse... Ce prénom, c'est le même que celui de sa génitrice, qui a requis l'anonymat absolu en l'abandonnant, et la seule chose qu'il sache d'elle. Il s'accroche, il bataille, et finit par apprendre que cette femme se nomme Thérèse Troniou. Troniou, un nom qu'il a lui-même porté jusqu'à l'âge de 10 ans, avant que l'Assistance publique, plaidant une erreur, ne le modifie en Droniou.

Sa mère, qu'il parviendra à retrouver, niera pourtant l'évidence. « Vous faites erreur », lui assène-t-elle lors de leur unique rencontre. Qu'importe, Gérard s'est trouvé un père et se battra ensuite devant les tribunaux, témoignages et test ADN à l'appui, pour prouver sa filiation. 

En 2008, Gérard Droniou devient officiellement Gérard Fesch, un patronyme que ses trois enfants ont également adopté. « Cela fait aussi partie de leur histoire. Vouloir prendre le nom d'un guillotiné, ce n'est pas banal, concède-t-il. Mais je suis fier de m'appeler Fesch », lâche cet ancien professeur de musique de 62 ans, aujourd'hui établi à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse).

Gérard Fesch
Gérard Fesch
Son combat ne s'arrête pourtant pas là. En froid avec la descendance Fesch, qui œuvre de son côté pour faire aboutir la procédure de béatification, lui, le fils illégitime tardivement reconnu a entamé son propre combat, laïc, celui-là : obtenir la réhabilitation d'un homme dont il loue aujourd'hui le courage, alors que le président René Coty, refusant la grâce sous la pression des syndicats de police, lui demandait dans une lettre « d'accepter le sacrifice de sa vie pour la paix de l'Etat ». 

Gérard, qui s'est plongé dans les archives du procès, évoque même une falsification : « Aux questions sur les circonstances aggravantes, déterminantes pour la sentence, détaille-t-il, le président de la cour d'assises a rayé les non des jurés et les a remplacés par des oui. »

« Jacques Fesch a certes tué, et il n'est pas question de refaire le procès, insiste-t-il. Mais soixante ans après, il faut que la société civile sache que, par ses écrits, il continue d'aider des gens. » Il ne se passe pas une semaine sans que Gérard ne reçoive une lettre évoquant son père, un phénomène qui le dépasse parfois, admet-il. Dans l'une d'elle, le chanteur Michel Delpech le qualifie même de « saint ».

Pour Gérard, cette démarche est aussi, consent-il, « une façon de faire vivre » ce père qu'il n'a jamais connu mais qui, dans ses écrits, avait imploré qu'on le retrouve, pour ne pas en faire un orphelin.

A la fin de son journal, publié sous le titre « Dans 5 heures, je verrai Jésus », le condamné à mort lui adresse ces mots, que l'intéressé récite de mémoire : « Qu'il sache que s'il n'a pu être mon fils selon la loi, il l'est selon la chair et son nom est gravé dans mon cœur. »

Source: Le Parisien, Louis Colcombet, 3 octobre 2016

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