"One is absolutely sickened, not by the crimes that the wicked have committed, but by the punishments that the good have inflicted." - Oscar Wilde

Friday, April 17, 2015

La France menace l'Indonésie de « conséquences » si Serge Atlaoui est exécuté

Serge Atlaoui et son avocate indonésienne
Serge Atlaoui et son avocate indonésienne
[Click here to Google translate the following article into your own language] La Cour suprême indonésienne doit bientôt se prononcer sur l'ultime recours en révision de Serge Atlaoui, condamné à mort pour trafic de drogue. En cas de rejet, le Français pourrait être rapidement exécuté.

Paris a fait savoir, par la voix de l'ambassadrice de France à Djakarta, Corinne Breuzé, que cette éventualité aurait des « conséquences » sur les relations bilatérales. La France, qui a aboli la peine de mort en 1981, y reste « opposée en tous lieux et en toutes circonstances », a rappelé la diplomate.

Serge Atlaoui, 51 ans, avait été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy dans la banlieue de Djakarta et condamné en 2007 à la peine capitale pour trafic de drogue. Cet artisan soudeur a toujours clamé son innocence, affirmant n'avoir fait qu'installer des machines dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique.

Huit autres individus arrêtés en même temps que le Français ont également été condamnés à mort. Mais « ce qui nous apparaît choquant, c'est que notre compatriote soit aujourd'hui le seul figurant dans la liste des exécutables », a dit l'ambassadrice, soulignant que le Français n'était qu'« un technicien soudeur au rôle mineur dans cette affaire ». « Serge Atlaoui n'a jamais été en contact avec aucune drogue, quelle qu'elle soit », selon Mme Breuzé.

Présente à la conférence de presse, l'épouse du condamné à mort, Sabine Atlaoui, a lancé avec émotion un appel au président indonésien Joko Widodo : « Mon mari n'est pas un baron de la drogue. Il ne mérite pas la peine de mort. En votre âme et conscience, n'exécutez pas mon mari », a-t-elle dit.

Le président indonésien, qui a pris ses fonctions en octobre 2014, a rejeté les demandes de grâce de tous les condamnés à mort pour drogue, se montrant intraitable vis-à-vis des affaires de stupéfiants. Six condamnés à mort, parmi lesquels cinq étrangers, ont été exécutés le 18 janvier pour la première fois depuis 2013, suscitant de vives réactions des pays concernés. Le Brésil et les Pays-Bas avaient rappelé leur ambassadeur pour protester contre l'exécution d'un de leur ressortissant.

Source: Le Monde, 17 avril 2015

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