"One is absolutely sickened, not by the crimes that the wicked have committed, but by the punishments that the good have inflicted." - Oscar Wilde

Friday, January 13, 2017

Stades de mort : la FIFA alertée

"Si j'étais joueur, je ne pourrais jouer là où un homme a été décapité ou pendu."
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En 2017, dans certains coins de la planète, on exécute toujours publiquement des gens dans des stades de foot. La FIFA, qui a récemment ajouté à ses statuts un article qui l'engage à respecter les droits de l'homme et à promouvoir leur protection, promet d'aborder la question avec la fédération iranienne.

Ce matin du 22 septembre 2016, à Neyriz, ils sont quelques dizaines à s'être rendus dans le petit stade de foot de cette ville de 45 000 habitants, située dans la province de Fars, dans l'ouest iranien. Pourtant, aucun match n'est programmé ce jour-là. Installé sur un semblant de tribune, séparé du terrain par un grillage, le public, majoritairement masculin, est venu assister à une exécution. Celle de Saeed T., condamné à la peine capitale pour viol et meurtre. Exposé sur la plate-forme arrière d'un camion, le visage recouvert d'un linge noir, l'homme sera pendu en public, tracté de bas en haut par une grue. Une pratique qui n'a rien d'exceptionnel en Iran, où une interprétation particulière de la charia fait office de code pénal. 

En 2015, sur 969 exécutions, 57 se sont déroulées dans l'espace public (selon les chiffres officiels communiqués par l'État iranien, probablement en deçà de la réalité). Cette barbarie, l'ONG française Ensemble contre la peine de mort (ECPM) ne l'accepte pas. Et elle a décidé de le faire savoir à la FIFA, en adressant fin septembre un courrier à son président, Gianni Infantino. « Exécuter dans un stade, ce n'est pas anodin, explique Raphaël Chenuil-Hazan, le directeur d'ECPM. C'est dans ce sens que nous tentons d'alerter Infantino. La FIFA ne peut pas dire que cela ne la regarde pas. Si j'étais joueur, ce serait impossible de jouer là où un homme a été décapité ou pendu. »

Une barbarie sans limite


Avec l'Arabie saoudite, la Corée du Nord et les territoires contrôlés par Daesh, l'Iran est l'un des derniers pays à pratiquer l'exécution publique, que ce soit sur des places ou dans des stades. 

La Chine et l'Afghanistan – qui s'y adonnait à l'époque des talibans – ont récemment abandonné. « C'est la théâtralisation de la mise à mort, dans le seul but de faire peur à la population, pose Chenuil-Hazan. Le stade est ouvert. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tout le monde est incité par la police à venir assister au "spectacle". 

En Iran, la peine de mort a toujours été un outil politique. La majorité des condamnés à mort sont coupables de trafic de drogue ou d'homosexualité, et sont souvent issus de minorités ethniques ou religieuses. C'est un message adressé aux Kurdes et aux Afghans, qui représentent le prolétariat local. Ils exécutent même des mineurs. Leur code pénal, c'est la charia. Et ils s'y tiennent. » 

Pour rendre le « spectacle » le plus macabre possible, les autorités iraniennes, qui exécutent essentiellement par pendaison, ont décidé de mettre en place une graduation de l'horreur. Selon la sentence, la peine capitale peut s'effectuer sous deux formes différentes. La première consiste à « lâcher » le pendu. Dans sa chute, sa nuque se brise et le pauvre bougre décède rapidement. La seconde prouve que la barbarie ne connaît aucune limite. C'est celle qu'a subie Saeed T. à Neyriz. Le condamné est pendu par traction, accroché à une grue qui s'élève jusqu'à ce que ses pieds ne touche plus le sol. La mort par suffocation est alors beaucoup plus lente et douloureuse. Contacté par ECPM, le fabricant japonais de ces grues a accepté de demander à l’État iranien d'arrêter d'utiliser son matériel pour ce type d'activité. Visiblement sans succès.

La FIFA répond enfin


Le 6 décembre dernier, non sans quelques relances, la FIFA a enfin répondu au courrier d'ECPM. Et c'est Fatma Samoura, la secrétaire générale, qui s'y est collée. En anglais, elle indique à Raphaël Chenuil-Hazan qu'elle a bien pris note de « l'incident » qui a eu lieu à Neyriz, et que « la FIFA condamne ce type d'action, qui par sa nature, viole fondamentalement la dignité inhérente à chaque être humain » . Et par conséquent, elle ne manquera pas d'aborder le sujet « lors de ses futurs échanges avec la Fédération iranienne de football » . Enfin, la Sénégalaise conclut en signalant au directeur d'ECPM que, comme l'exige le nouvel article 3 de ses statuts, « la FIFA s'engage à respecter les droits de l'homme internationalement reconnus, et s'efforce de promouvoir leur protection. Cet engagement implique des efforts pour prévenir et atténuer les impacts négatifs sur les droits de l'homme de tiers en relation directe avec nos opérations. Dans le cadre de ces activités, nous cherchons de plus en plus à collaborer avec nos associations membres, pour les aider à mettre en place des mécanismes adéquats, afin qu'ils respectent les droits de l'homme. » 

À la lecture du courrier venu de Suisse, Chenuil-Hazan se dit « satisfait que cet article 3 donne à la FIFA le pouvoir d'agir, satisfait que la FIFA ait prévu d'engager des échanges avec la fédération iranienne. Maintenant, nous attendons que la FIFA donne des suites concrètes en sanctionnant l'Iran, pourquoi pas en l'excluant de compétitions internationales, puisque ses nouveaux statuts lui en donnent le droit » . En avril 2013, l'instance mondiale avait déjà mis en garde l'Iran au sujet de ses exécutions sur des terrains de foot. Évidemment sans conséquence pour cette « association membre » .

Source: so foot, Mathias Edwards, January 10, 2017



French Organization Calls for a Boycott of Iran Regime's Football


A French organization called for total boycott of Iranian regime's football because of the regime carrying out executions in football stadiums. The request was sent to the International Football Federation (FIFA) and the FIFA's secretary general has also supported the call.

According to state-run ISNA news agency, on January 12, French news site SOfoot [see above] wrote that FIFA has recently added an article (provision) to its statutes emphasizing on human rights according to which the organization will deal with countries that implement death penalty in sports stadiums.

The name of Iran regime is included in the FIFA's report as a country that carries out death penalty in sport stadiums. In recent years, a number of executions by hanging have been carried out in sport stadiums in Iran. However, a death penalty carried out in the football stadium in Neyriz in Fars province (southern Iran) on September 22, 2016, was reported to FIFA.

In this regard, the human rights organization ECPM in France, protesting implementation of death penalties in sport stadiums in Iran, has sent a letter to Gianni Infantino, president of FIFA, to inform him about executions in sport (football) stadiums. The human rights organization particularly called on FIFA to boycott Iranian regime and remove the regime football from the international competitions.

Raphael Chenuil-Hazan, director of ECPM, in his letter to FIFA's president wrote: "FIFA cannot ignore this behaviour. If I was a player, I would not play (football) in a place where a human being is executed."

Following the letter, FIFA has finally reacted to these events and Fatima Samoura, FIFA's secretary general, in a letter responded: "...FIFA condemns any such action which by its nature fundamentally violates the dignity inherent to every human being. In this regard, I am committed to raise this topic in my future exchange with Iran Football Federation ... We will prevent such actions through our programs...."

"According to Article 3 of our statues, FIFA is committed to respect internationally recognized human rights and promote protection of these rights. These commitment included efforts to prevent such actions that have adverse human rights impacts," she added.

Source: NCR-Iran, January 15, 2017

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